Octobre Rose : prendre soin de celles qui prennent soin de nous
Elle est mère, fille, sœur, épouse, grand-mère. Elle soigne, éduque, travaille, transmet et veille souvent sur les autres avant de penser à elle-même. Elle donne la vie, accompagne les générations et fait vivre nos familles. Elle est, en quelque sorte, une mère de l’humanité.
Mais qui prend soin d’elle ?
C’est l’une des questions qu’Octobre Rose devrait nous poser. Car derrière le ruban rose, il y a nos mamans, nos sœurs, nos filles, nos épouses, nos collègues et toutes ces femmes dont la santé concerne bien plus qu’elles-mêmes.

Au Cameroun, le cancer du sein reste un enjeu majeur. Selon les estimations GLOBOCAN 2022 du Centre international de recherche sur le cancer, 4 207 nouveaux cas ont été estimés chez les femmes camerounaises, faisant du cancer du sein le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes dans le pays.
Derrière les chiffres, des histoires
En 2018, Catherine M. remarque ce qu’elle pense être un simple abcès sous son aisselle droite. Elle consulte à l’Hôpital général de Yaoundé. Les examens révèlent un cancer du sein au stade 2. Elle raconte avoir dépensé près de 400 000 FCFA pour les examens, avant de subir une mastectomie en 2019 et de commencer une chimiothérapie. Son parcours témoigne aussi du poids du regard des autres et des difficultés financières liées aux soins.
Quelques années plus tard, une autre histoire apporte une note d’espoir. Maureen Dione Ebongalame Ebung, diagnostiquée d’un cancer du sein en 2016, a témoigné en 2025 de son parcours. Après neuf années de suivi sans récidive, elle a été déclarée guérie. Son témoignage devant le personnel des Nations Unies au Cameroun rappelle qu’un diagnostic de cancer peut aussi ouvrir sur un parcours de rémission et une nouvelle étape de vie.
Deux parcours différents, mais une même réalité : derrière chaque diagnostic, il y a une femme, une histoire et des proches qui ont besoin d’être accompagnés.
Ne laissons pas le doute s’installer

Une boule ou un épaississement du sein, une modification de sa forme ou de sa peau, un changement du mamelon ou un écoulement inhabituel doivent conduire à demander un avis médical. Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer, mais ils ne doivent pas être ignorés.
Le défi est aussi de lever les obstacles qui retardent parfois la prise en charge : peur du diagnostic, manque d’information, coût des examens, éloignement des structures de santé ou idées reçues. Dans la Région africaine, l’OMS souligne que les diagnostics tardifs restent notamment liés aux difficultés d’accès au diagnostic et aux soins.
Un combat qui nous concerne tous
Alors, cette année, ne nous contentons pas de porter du rose.
- Aux pouvoirs publics, il faut demander de continuer à renforcer la prévention, le diagnostic et l’accès aux soins.
- Aux professionnels de santé, de continuer à informer, orienter et accompagner avec compétence et humanité.
- Aux associations, d’aller au plus près des populations et de faire tomber les tabous.
- Aux entreprises et institutions, de faciliter l’accès à l’information et de faire de la santé des femmes un véritable sujet de responsabilité sociale.
- Aux médias et communicants, de diffuser une information fiable et accessible.
- Aux familles et aux proches, enfin, d’écouter, d’encourager et d’accompagner sans jugement.
Et à chacune de nous : ne banalisons pas un changement inhabituel. En cas de doute, consultons.
Parce que la femme qui prend soin de tout le monde mérite, elle aussi, que l’on prenne soin d’elle.

Cette année, faisons du ruban rose plus qu’un symbole. Barrons ensemble la route aux retards de diagnostic et aux obstacles qui empêchent encore trop de femmes d’accéder aux soins.
Informons-nous. Parlons-en. Accompagnons. Agissons.
Car protéger celles qui donnent la vie, c’est aussi protéger les familles, les générations et toute la communauté.